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Le système des castes

Le système des castes

Aussi ancien que révoltant, le système des castes structure la société indienne. La naissance d'un hindou détermine toute son existence.

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Le système des castes en Inde

Les castes structurent la société indienne. Elles sont déterminées par la naissance. Et la seule façon d’accéder à une caste supérieure, et donc d’avoir une vie plus confortable, est d’accomplir son dharma (devoir), lui-même défini par la caste. Mais, l’ascension sociale ne s’effectuera que dans une autre vie…
Le mot caste, dans l’usage courant, traduit le plus souvent indifféremment deux notions distinctes (varna et jâti). Il existe en fait quatre grandes classes sociales (varna) qui ont été ensuite divisées en des centaines de groupes particuliers (jâti) qui sont les castes proprement dites.” (extrait de l’Hindouisme, d’A. Astier).

Au début, le système des castes s’organisait autour de quatre groupes professionnels:

  • Les Brahmanes (les prêtres et les érudits), nés de la bouche de Brahma, symbolisent la parole sacrée.
  • Les Kshatriyas (les guerriers, administrateurs, gouvernants), issus de ses bras, support de l’épée.
  • Les Vaishyas (les agriculteurs, les commerçants, les artisans), nés de sa cuisse, font avancer la charrue.
  • Les Shudras (les serviteurs), nés de ses pieds, ne possèdent pas le degré de pureté nécessaire pour accéder à une vie spirituelle.

Les 3 premières castes, les dvîja, “les deux fois nés”, les seuls autorisés à lire les Veda, accèdent à la vie spirituelle autant qu’à l’existence physique.

L’Inde a donné une justification religieuse à ce système des castes, mais la République indienne ne le reconnaît pas. Cependant le système des castes s’impose partout dans le pays, et davantage encore dans les milieux ruraux.

Puis il y a les exclus du système des varnas, ceux qu’on appelait autrefois les intouchables, et qu’on appelle désormais les dalits (terme sanskrit qui signifie “brisé, opprimé, tyrannisé, ou oppressé »). Ils effectuent des tâches “rituellement impures”, comme nettoyer les latrines, balayer, travailler le cuir. Autrefois, les dalits,  comme le rappelle Arundhati Roy dans son roman Le Dieu des Petits Riens, devaient se déplacer constamment avec un balai, pour ne laisser aucunes traces de leur impureté, ne pas souiller les castes supérieures.

Pour sortir de cette prison sociale, bon nombre d’hindous ont tout simplement changé de religion. Tout comme le Dr Ambedkhar, qui est devenu bouddhiste et très populaire. Il a rédigé la Constitution de 1950, abolissant « toute discrimination fondée sur la religion, la race, le sexe et le lieu de naissance ». Cependant, les dalit demeurent quotidiennement victimes de ségrégation.

Pour lutter contre ses inégalités, des mesures de discrimination positive ont été prises, mais elles ne profitent qu’à très peu de dalits. La remise en cause de cet ordre social se heurte inexorablement à des réactions d’extrême violence…